4.23.2005

onirique attaque

lentement la porte grince
une mélodie apprise par cœur
ouvre un lieu étrange
que je ne reconnais pas

y passe en boitant un enfant
orphelin jouant de l’accordéon
sans quémander sans regarder personne
il va
une oie assise au milieu du chemin
désabusée
regarde tristement une flaque d’eau
où tombe la pluie
d’en haut où
des avions tournent en rond
font des boucles des 8
enlaçant inlassablement les nuages
qui toujours s’échappent
du piège imaginaire
de leurs étreintes
un homme passe me tire une balle
au ventre au cœur puis à la tête
je le poursuis l’interpelle lui prend le bras
nous valsons
doucement
nos vêtements
s’effondrent
sur le sol en une mer noire et profonde
avec lui je tournoie
la nuit liquide
nous sépare
nous nous parlons en chute libre
l’homme s’oublie
sa peau devient écailles
s’évanouit dans le plancton
reste un écho de lui et la lune qui se dédouble
parmi les vagues

je ferme
mes yeux
avalent l’océan
irrigue les terres en moi qui attendent
j’accouche là
d’une planète bleue
elle aussi
serait-elle
là où le vent s’égare
quand on le veut captif
serait-elle là où je pardonne
à la mort de me vouloir entière
siphonnée
dans son vertige
de n’avoir pu
d’avoir perdu
d’avoir trop aimé?

j’y vois sur cette planète
se promener un enfant
une oie triste
un couple valsant
corps fondant l’un dans l’autre
jusqu’à en disparaître
leur absence luisant des larmes
que je n’ose pas laisser aller
me quitter pour de bon
laisser le soleil se lever
sur cette terre nouvelle

adieu la mort
je te pardonne