10.22.2005

tu t'assois à ta table de bois
dans ton salon en désordre
tes stylos ton écran tes souvenirs sous les yeux
il y a l'accordéon de saluzzi qui t'arrache quelque chose en soufflant
et assise là tu constates le monde
le tien celui qui meurt celui que tu aimerais
tu aimerais écrire comme le vent
tu aimerais faire respirer le regard des autres
donner quelque chose de toi qui serait universel
tu aimerais devenir générique un genre de rien de tout
tu aimerais écrire microscopiquement
un détail insignifiant de ta vie
qui deviendrait cette fissure dans l'opaque
qui sépare la vie de la vie
une fissure qui donnerait à voir
le ciel
que tu vois